Le Petit Thalamus de Montpellier

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Les thalami montpelliérains : genèse, tradition manuscrite et codicologie

par Pierre Chastang (DYPAC)

Le corpus des petits thalami

Le corpus des petits thalami de Montpellier comporte davantage de manuscrits. Sept témoins sont aujourd’hui conservés. Ces codices se caractérisent par leur format très inférieur à celui des grands thalami. En parchemin, ils font usage, à l’exception du plus ancien d’entre eux, de la langue occitane. Une tradition historiographique, issue des responsables de l’édition du Petit thalamus parue en 1840 et reprise par Bernardin Gaillard dans l’article qu’il a consacré en 1924 aux cartulaires municipaux montpelliérains (« Les cartulaires municipaux de Montpellier et les manuscrits qui en dérivent », Mémoires de la société archéologique de Montpellier, 9, 1924-1928, p. 121-131.), rapporte la production de cette série de manuscrits à la volonté des gouvernants de disposer de codices pratiques, donnant commodément d’accès aux textes rassemblés. Si l’hypothèse paraît pertinente, elle a cependant tendance à atténuer la très forte divergence du contenu textuel qui caractérise les deux corpus manuscrits et les fonctions très différentes qu’ils remplissent dans l’économie globale de la production écrite montpelliéraine. Le corpus des petits thalami se compose des manuscrits suivants :

  • D. Nîmes, Bibl. mun., 254 ; 66 feuillets ; 235 mm x 160 mm ; après 1260, ajouts jusqu’en 1276.
  • E. Bruxelles, Bibl. royale de Belgique, 20807-809 ; 88 feuillets ; 187 mm x 127 mm ; après 1258.
  • F. Paris, Bibl. nat. de France, naf 4337 ; 93 feuillets ; 180 mm x 115 mm ; après 1261.
  • G. Paris, Bibl. nat. de France, fr. 11795 ; 246 feuillets ; 265 mm x 175 mm ; après 1270, ajouts jusqu’au début XIVe siècle.
  • H. Paris, Bibl. nat. de France, fr. 14507 ; 82 feuillets ; 235 mm x 168 mm ; après 1270.
  • I. Montpellier, Bibl. interuniversitaire, section médecine, H 119 ; 125 feuillets ; 270 mm x 190 mm ; vers 1295.
  • J. Arch. mun. de Montpellier, AA 9 ; 567 feuillets ; après 1315, ajouts jusqu’au XVIIe siècle.

Au sein de ce corpus textuel, le manuscrit D, aujourd’hui conservé à Nîmes, présente des caractéristiques très spécifiques, qui le différencient des autres témoins. Son contenu et sa structure invitent à penser qu’il fut le premier de la série et que ses particularités résultent de sa proximité avec les manuscrits antérieurs des grands thalami de la ville.