Le Petit Thalamus de Montpellier

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Les thalami montpelliérains : genèse, tradition manuscrite et codicologie

par Pierre Chastang (DYPAC)

Le manuscrit de Nîmes, un témoin de la transition

Le manuscrit de Nîmes contient principalement les textes des coutumes et des statuts rédigés dans leur version latine, auxquels les notaires ont associé postérieurement des divers documents de nature diplomatique qui occupent les derniers feuillets du manuscrit (Bibl. mun. de Nîmes, ms 254, f° 55-66). Le terminus a quo de la rédaction est donné par l’accord passé en septembre 1260 entre Jacques Ier et l’évêque de Maguelone, texte intégré au corpus des établissements. L’image graphique du volume, son contenu, comme l’écriture employée sont très proches de ceux du Grand thalamus.

La rédaction du manuscrit E (Bruxelles, Bibl. royale de Belgique, 20807-809) commence à une date très proche. Il s’agit du premier manuscrit qui fait usage de l’occitan. Il contient la traduction des coutumes et statuts en roman, à laquelle a été ajoutée une liste de notations annalistiques, fréquentes dans la production historiographique du Midi, que les contemporains dénomment avenimens. Les premiers feuillets du manuscrit sont occupés par un calendrier enluminé, qui dresse la liste des principales fêtes célébrées à Montpellier (PTh 20807-09, f° 1-12 v). Expression documentaire du temps communautaire montpelliérain, il situait les événements mentionnés et les documents transcrits dans un cadre temporel partagé, scandé par les fêtes célébrées dans la ville. Un calendrier assez comparable a été rédigé au seuil du Livre des privilèges de la commune clôture (Arch. mun. de Montpellier, EE 285, f° 3-14), comme du Thalamus des ouvriers de la commune clôture (Arch. mun. de Montpellier, Joffre n° 375, EE non coté, f° 6-13 v).