Le Petit Thalamus de Montpellier

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Les thalami montpelliérains : genèse, tradition manuscrite et codicologie

par Pierre Chastang (DYPAC)

L’héritage d’un cartulaire seigneurial : Liber instrumentorum memoralis des Guilhem de Montpellier

La rédaction du Liber instrumentorum memorialis [désormais LIM] – il s’agit de la dénomination correcte de ce manuscrit que la tradition appelle le Liber instrumentorum memorialium – s’est achevée en 1203. Le volume, aujourd’hui conservé aux Archives municipales de Montpellier sous la cote AA 1, constitue un monument archivistique et mémoriel de l’histoire seigneuriale de Montpellier du temps des Guilhem.

Le manuscrit, probablement conservé entre 1204 et 1349 auprès du lieutenant des rois d’Aragon puis de Majorque dans la ville, a été complété jusqu’au début du XIVe siècle par la transcription de quarante-trois actes. Quarante-et-un sont transcrits sur les folios 191bis à 216 placés à la fin du manuscrit et deux actes ont été ajoutés sur les feuillets initiaux (f° 77 et 191 v). La plupart de ces documents réserve au souverain ou à son lieutenant le rôle d’auteurs ou de destinataires. Mais les notaires ont également transcrit des contrats entre particuliers qui concernent, d’une manière ou d’une autre, les droits seigneuriaux du roi sur la ville et sur son territoire. Les commanditaires des transcriptions – les lieutenants successifs du roi à Montpellier – ont ainsi cherché, à partir des années 1260, à s’approprier le manuscrit, en inscrivant leur action dans la continuité de celle exercée par les différents représentants de la famille des Guilhem.