Le Petit Thalamus de Montpellier

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La chronique française, introduction linguistique

par Chantal Wionet (Université d’Avignon et HEMOC)

Conclusion

Sur la langue de la Chronique, on ne saurait pour l’instant conclure. D’autres études doivent encore être menées, de manière chiffrée, et notamment dans le but de distinguer les différents scripteurs, comme les différents genres de discours. Il apparaît toutefois que la politique linguistique menée pour généraliser et diffuser la langue française sur tout le territoire est une réussite, la Chronique peut largement nous en convaincre. Il est possible aussi, à travers elle, de réfléchir au statut de l’écrit : des historiens de la langue, comme Renée Balibar11. Balibar, Renée , 1985, L’institution du français. Essai sur le colinguisme des Carolingiens à la République, Paris, PUF.Balibar, Renée , 1992, Le colinguisme, Paris, P.U.F., coll. « Que sais-je ? ». et à sa suite Bernard Cerquiglini22. Cerquiglini, Bernard , 1991, La naissance du français, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? ». ont bien montré que ce qu’on appelle aujourd’hui le français est d’abord une langue pensée et modelée pour l’écriture. Le texte que nous avons sous les yeux ici ne dément pas cette hypothèse : quelles que soient les pratiques orales effectives des scripteurs, celles-ci n’infléchissent en aucune manière le cours de la langue écrite.